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Départ à la retraite : les 5 erreurs qui coûtent cher sur la complémentaire santé

Le passage à la retraite s’accompagne d’une bascule que peu de futurs retraités anticipent : celle de la complémentaire santé. Du jour au lendemain, la mutuelle d’entreprise cesse d’être financée par l’employeur, et son coût réel apparaît. Dans le même temps, les besoins de santé augmentent, alors que les revenus, eux, baissent.

Les décisions prises dans les mois qui entourent le départ engagent souvent plusieurs milliers d’euros sur la durée de la retraite. Voici les cinq erreurs les plus fréquentes, et comment les éviter.

1. Confondre portabilité et maintien loi Évin

C’est la confusion la plus répandue, et elle a des conséquences budgétaires immédiates. Beaucoup de futurs retraités s’attendent à conserver gratuitement leur mutuelle d’entreprise pendant quelques mois. Ce n’est pas le cas.

La portabilité, prévue par l’article L911-8 du code de la Sécurité sociale, est effectivement gratuite et dure jusqu’à douze mois, mais elle est réservée aux anciens salariés indemnisés au titre du chômage. Elle ne s’applique pas au départ à la retraite.

Ce qui s’applique alors, c’est le maintien prévu par l’article 4 de la loi Évin du 31 décembre 1989. Il permet de conserver le contrat collectif sans limite de durée et sans questionnaire de santé, mais il est payant dès le premier jour, et intégralement à la charge du retraité.

2. Ignorer que la cotisation double immédiatement

Le tarif de référence du maintien est la cotisation globale du contrat collectif, part employeur comprise. Comme l’employeur en finançait au moins la moitié, ce que le retraité sort de sa poche double mécaniquement, alors même que les garanties n’ont pas changé d’une ligne.

Un salarié qui versait 45 euros par mois se retrouve ainsi autour de 90 euros. Et ce n’est qu’un point de départ, car la hausse se poursuit ensuite selon un calendrier réglementaire précis, fixé par le décret du 21 mars 2017 :

  • 1re année : tarif des salariés actifs
  • 2e année : majoration plafonnée à 25 %
  • 3e année : majoration plafonnée à 50 %
  • À partir de la 4e année : plus aucun plafond, l’assureur fixe librement son tarif

C’est ce dernier point qui surprend le plus. Passé trois ans, l’encadrement disparaît, sur un groupe désormais composé uniquement de retraités, donc statistiquement plus consommateur de soins. Les hausses peuvent alors devenir importantes, sans protection réglementaire.

3. Laisser passer le délai de six mois

Le droit au maintien n’est pas automatique : il faut en faire la demande par écrit dans les six mois qui suivent le départ à la retraite. L’assureur, de son côté, dispose de deux mois pour adresser sa proposition de contrat individuel.

Passé ce délai de six mois, le droit est définitivement perdu. Il reste évidemment possible de souscrire une mutuelle individuelle, mais la possibilité de rester dans le contrat de l’ancien employeur, elle, disparaît. Le réflexe utile consiste à noter la date limite dès le départ, et à relancer en recommandé si aucune proposition n’est parvenue au bout de deux mois.

4. Conserver un contrat conçu pour des actifs

Beaucoup de retraités reconduisent leur contrat d’entreprise par prudence, en se disant qu’ils connaissent ses garanties. C’est souvent une erreur de calibrage, pour une raison structurelle : ce contrat a été négocié pour une population de salariés en activité.

Concrètement, il comporte fréquemment des garanties devenues inutiles, comme la maternité ou l’orthodontie des enfants, qui continuent d’être financées sans jamais servir. À l’inverse, il est souvent léger sur les postes qui deviennent déterminants après 60 ans :

  • les dépassements d’honoraires, alors que le suivi par des spécialistes de secteur 2 s’intensifie
  • les prothèses dentaires, premier poste de reste à charge chez les seniors
  • les aides auditives, dont le besoin apparaît souvent après 65 ans
  • l’hospitalisation longue et la chambre particulière

Comparer le maintien avec des contrats spécifiquement calibrés pour les seniors est donc rarement inutile. À budget équivalent, la couverture est généralement mieux ciblée. C’est précisément le rôle d’un courtier spécialisé en mutuelle senior : mettre en regard le tarif du maintien et les offres du marché, sur des garanties réellement équivalentes, avant que le délai de six mois n’expire.

5. Ne pas vérifier ses droits aux aides existantes

Avant même de comparer des contrats payants, une vérification s’impose, et elle est trop souvent négligée. La Complémentaire santé solidaire peut rendre la couverture gratuite ou quasi gratuite selon les ressources.

Pour une personne seule en métropole, elle est gratuite jusqu’à 10 421 euros de ressources annuelles, soit 868 euros par mois, et accordée moyennant moins d’un euro par jour jusqu’à 14 069 euros annuels. Ces plafonds s’appliquent jusqu’au 31 mars 2027.

Le dispositif couvre le ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier et les équipements du panier 100 % Santé, avec tiers payant intégral. Les professionnels de santé ne peuvent d’ailleurs pas appliquer de dépassements d’honoraires à un bénéficiaire. Pour les retraités concernés, cette couverture est objectivement supérieure à la plupart des contrats d’entrée de gamme du marché. Le non-recours reste pourtant élevé, faute d’information.

À signaler également : des dispositifs locaux existent, rarement mis en avant. Mutuelles communales négociées par les mairies, aides du centre communal d’action sociale, chèque santé départemental selon les territoires. Un passage au CCAS de sa commune est gratuit et souvent instructif, notamment pour les aides à un proche handicapé.

Ce qu’il faut retenir

Le moment du départ à la retraite est une fenêtre courte, mais décisive. Trois réflexes suffisent à éviter l’essentiel des mauvaises surprises.

D’abord, demander à son employeur ou à l’assureur le tarif exact du maintien, part employeur comprise, afin de disposer d’une vraie base de comparaison. Ensuite, vérifier son éligibilité aux aides publiques avant toute souscription payante. Enfin, comparer avant l’échéance des six mois, plutôt que de reconduire par défaut.

Rien n’est d’ailleurs définitif : la résiliation infra-annuelle permet, après un an de contrat, de changer de mutuelle à tout moment, sans frais ni justificatif, le nouvel assureur se chargeant des démarches.

Pour ceux qui préfèrent ne pas s’y plonger seuls, se faire accompagner par un courtier permet de faire chiffrer les options côte à côte, sans frais pour l’assuré, puisque ce dernier est rémunéré par les assureurs.

Martin

Aide à la personne spécialisée dans le handicap, je m'engage à améliorer le bien-être des personnes en situation de handicap. À 30 ans, je mets mon expérience et ma passion au service d'un accompagnement adapté et humain.